l’écriture selon Marguerite Duras

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Le 5 juin

elle fut première à venir s’exprimer sur

FINALEMENT

CA SERT VRAIMENT A QUELQUE CHOSE UN AUTEUR

Son absence autour d’un tel sujet aurait été inconcevable.

 

 

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Il s’agissait de Marguerite Duras

Elle nous venait de Neauphle-le-chateau en 1993…

Elle était âgée de 79 ans…

marguerite

Elle avait choisi d’habiter le corps d’Apolline Guiné

Voici le texte qu’elle nous avait lu :

 

010-Café de la Page 5-05062016-AS-16Écrire. Je ne peux pas. Personne ne peut. Il faut le dire, on ne peut pas. Et on écrit.
C’est l’inconnu qu’on porte en soi écrire, c’est ça qui est atteint. C’est ça ou rien. On peut parler d’une maladie de l’écrit.
Ce n’est pas simple ce que j’essaie de dire là, mais je crois qu’on peut s’y retrouver, camarades de tous les pays.
Il y a une folie d’écrire qui est en soi-même, une folie d’écrire furieuse mais ce n’est pas pour cela qu’on est dans la folie. Au contraire.
L’écriture c’est l’inconnu. Avant d’écrire, on ne sait rien de ce qu’on va écrire. Et en toute lucidité.
C’est l’inconnu de soi, de sa tête, de son corps. Ce n’est même pas une réflexion, écrire, c’est une sorte de faculté qu’on a à côté de sa personne, parallèlement à elle-même, d’une autre personne qui apparaît et qui avance, invisible,douée de pensée, de colère, et qui quelquefois, de son propre fait, est en danger d’en perdre la vie.
Si on savait quelque chose de ce qu’on va écrire, avant de le faire, avant d’écrire, on n’écrirait jamais. Ce ne serait pas la peine.AVT_Marguerite-Duras_5077
Écrire, c’est tenter de savoir ce qu’on écrirait si on écrivait — on ne le sait qu’après — avant, c’est la question la plus dangereuse que l’on puisse se poser. Mais c’est la plus courante aussi.
L’écrit ça arrive comme le vent, c’est nu, c’est de l’encre, c’est l’écrit et ça passe comme rien d’autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie.

Il s’agissait de citations issues de son essai : Ecrire

Et, lorsque par inadvertance, on lui proposa de boire le cocktail portant le nom d’une oeuvre de Sartre, elle dit :

 Des gens très012-Café de la Page 5-05062016-AS-18 très célèbres, pour moi, n’ont pas écrit. Sartre, il n’a pas écrit. Pour moi il n’a pas su ce que c’était, écrire. Il a toujours eu des soucis annexes, des soucis en second, de secondes mains. Il n’a jamais affronté l’écriture pure. C’est un moraliste, Sartre. Il a toujours puisé dans la société, dans une espèce d’environnement de lui. Un environnement politique, littéraire. Ce n’est pas quelqu’un de
qui je dirais : « Il a écrit ». Je n’y penserais même pas. J’ai lu une chose de lui qui m’intéressait dans Situations, il parlait de la littérature américaine, oui. Sans ça, rien.

Il s’agissait d’une interview donnée par Bernard Pivot.

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