Quand Voltaire et La Fontaine font fermer AU CAFE DE LA PAGE

désolé-fermé

C’est la faute à Voltaire !

Et aussi à La Fontaine !

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Ils ont fait fermer AU CAFÉ DE LA PAGE du 12 rue de l’Échiquier !

 

 

 

Reprenons le006-Café de la Page 5-05062016-AS-5s faits.

Le 5 juin dernier,

le thème était

FINALEMENT CA SERT VRAIMENT A QUELQUE CHOSE UN AUTEUR ?

La soirée était animée par le nouveau propriétaire des lieux :

Etienne Dari (un homme ressemblant étrangement au comédien Vincent Capponi)

Il était en train de dire au public, non sans une certaine fierté :

– Moi j’ai passé mon temps à faire de l’argent !

Soudain, l’esprit d’un
auteur indélicat est entré.

Il s’agissait de l’inévitable Voltaire.

Il décida d’habiter le corps de Sarah Ramaully et dit avec raillerie :

– L’esprit est tout le contraire de l’argent. Moins on en a, plus on est satisfait !

Piqué au vif, Etienne Dari lui répondit aussitôt :

– Évidemment, Voltaire ! Il va encore nous défendre l’utilité de ses chers livres.

– Vous les méprisez, les livres, répondit Voltaire, vous dont toute la vie est plongée dans les vanités de l’ambition,  mais songez que tout l’univers connu n’est gouverné que par des livres.

– Eh bien vous irez exprimer vos livres dans tout l’univers mais ici, c’est mon établissement.Voltaire

– Le grand malheur d’un homme de lettres est ordinairement de ne tenir à rien. Un bourgeois achète un petit office et le voilà soutenu par ses confrères. Si on lui fait une injustice, il trouve aussitôt des défenseurs. L’homme de lettre est sans secours ; il ressemble aux poissons volants, s’il s’élève un peu, les oiseaux le dévore, s’il plonge, les poissons le mangent.

– Eh donc le bourgeois, comme vous dites, est un poisson volant ?

Là-dessus, Voltaire le contempla quelques instants avant de rajouter :

– On parle toujours mal quand on a rien à dire.

La colère d’Etienne Dari monta d’un cran. Il prit un air menaçant et dit :

– Attention, je suis chez moi,  je peux vous mettre dehors !

Mais Voltaire sourit effrontément et rajouta :

– Les gens de lettres, qui ont rendu le plus de services, ont presque tous été persécutés.

– Mais je ne viens pas vous persécuter. J’ai simplement les idées plus larges que vous. Je suis comme un grand ambassadeur.

C’est alors que se présentaJEAN_DE_LA_FONTAINE Jean de La Fontaine.

Il venait d’emprunter le corps d’Apolline Guinéil dit les quatre vers suivant :

La qualité d’Ambassadeur

Peut-elle s’abaisser à des contes vulgaires ?

Vous puis-je offrir mes vers et leurs grâces légères ?

S’ils osent quelquefois prendre un air de grandeur.

La réponse d’Etienne Dari fut aussitôt :

Bon alors, Voltaire, La Fontaine, Boileau, qui vous voulez… maintenant ; vous racontez vos histoires, vous faites des rimes et des conneries,  mais je vous préviens : s’il y en a encore un qui m’insulte, c’est tout le monde dehors. C’est compris ?

La FontaineLa Fontaine raconta alors une fable :

 Dans Athène autrefois peuple vain et léger,
Un Orateur voyant sa patrie en danger,
Courut à la Tribune ; et d’un art tyrannique,
Voulant forcer les cœurs dans une république,
Il parla fortement sur le commun salut.
On ne l’écoutait pas : l’Orateur recourut
A ces figures violentes
Qui savent exciter les âmes les plus lentes.
Il fit parler les morts, tonna, dit ce qu’il put.
Le vent emporta tout ; personne ne s’émut.
L’animal aux têtes frivoles
Etant fait à ces traits, ne daignait l’écouter.
Tous regardaient ailleurs : il en vit s’arrêter

A des combats d’enfants, et point à ses paroles.

Que fit le harangueur ? Il prit un autre tour.

Cérès , commença-t-il, faisait voyage un jour
Avec l’Anguille et l’Hirondelle :
Un fleuve les arrête ; et l’Anguille en nageant,
Comme l’Hirondelle en volant,
Le traversa bientôt. L’assemblée à l’instant
Cria tout d’une voix : Et Cérès, que fit-elle ?

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La Fontaine utilisa le corps de Philippe Richardin pour interpréter l’orateur.

Etienne Dari réfléchit quelques instants, puis dit de manière dénigrante :

– En gros pour mieux les embrouiller, il leur a raconté une belle histoire.

La Fontaine lui répondit :

–   Nous sommes tous d’Athène en ce point ; et moi-même,

Au moment que je fais cette moralité,

              Si Peau d’âne m’était conté,

              J’y prendrais un plaisir extrême,

– Vous peut-être, dit Dari, mais moi j’ai passé l’âge.

La Fontaine le contempla quelques instants avec un sourire narquois. Puis, il conclut sa fable en disant :

Le monde est vie049-Café de la Page 5-05062016-AS-70ux, dit-on : je le crois, cependant

Il le faut amuser encor comme un enfant.

Dari grogna :

– Le monde aime se faire manipuler, pas moi.

Et là, Voltaire ne put s’empêcher de rajouter :

– Le plus grand malheur d’un homme de lettres, n’est peut-être pas d’être l’objet de la jalousie de ses confrères, la victime de la cabale, le mépris des puissants du monde…

Il laissa planer un silence et conclut en disant :

– C’est d’être jugé par des sots !

Et ça, ce n’est pas passé du tout. Dari est entré dans une colère folle. Dans un hurlement, il ordonna la fermeture immédiate d’AU CAFÉ DE LA PAGE.

Mais le processus de nettoyage prenant presque quinze minutes, Voltaire eut le temps de rajouter :Dari Voltaire

 

– Les sots vont loin quelquefois, surtout quand le fanatisme se joint à l’ineptie et à l’ineptie l’esprit de vengeance. Notre misérable espèce est tellement faite que ceux qui marchent dans le chemin battu jettent toujours des pierres à ceux qui enseignent un chemin nouveau.

 

Puis durant ces quinze dernières minutes, d’autres phénomènes étranges eurent lieu et certains indices pouvaient laisser entendre que si les esprits quittaient ce lieu, il n’était pas impossible qu’ils aillent hanter ailleurs.

Nous vous en dirons plus très prochainement…

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